Reprendre la production visuelle d’une maison horlogère demande trois choses avant la première image: l’inventaire de la bibliothèque existante, la vérification écrite des droits cédés par le prestataire sortant, et un référentiel qui décrit l’identité visuelle en vigueur. Une transition qui saute l’une des trois produit des visuels corrects mais qui ne raccordent pas, et la maison le voit en grille dès la mise en ligne.
L’inventaire réserve presque toujours la même surprise. Une maison qui a travaillé dix ou quinze ans avec la même agence croit posséder sa bibliothèque, et ne possède en réalité que les fichiers d’export, en JPEG basse définition, souvent sans nomenclature. Les fichiers sources, les masques de détourage, les fichiers de retouche en couches et les rushes vidéo restent chez le prestataire, qui n’a aucune obligation de les livrer si le contrat ne le prévoit pas. Concrètement, cela signifie qu’un visuel de campagne ne peut pas être recadré proprement pour un nouveau format, et qu’une déclinaison de bracelet impose de tout reprendre plutôt que de rouvrir un fichier existant.
Le point de droit est celui qui bloque le plus de transitions. En droit français, une cession de droits d’auteur n’est valable que si elle est écrite et si elle précise l’étendue, la destination, le territoire et la durée. Beaucoup de maisons découvrent au moment de partir qu’elles disposent d’un droit d’usage réseaux sociaux, mais pas d’un droit d’affichage, pas d’un droit d’usage publicitaire payant, ou pas d’un droit au-delà d’une durée déjà expirée. La vérification se fait avant la première production nouvelle, pas après, parce qu’elle détermine ce qui peut rester en ligne pendant la reprise et ce qui doit sortir tout de suite.
Le raccord est ensuite un travail d’observation, pas de goût. Une identité visuelle horlogère tient à un petit nombre de constantes mesurables: l’angle de prise de vue du boîtier, la hauteur de l’horizon dans le cadre, la densité du fond, la dureté de l’ombre portée, l’heure affichée, la façon dont la lumière court sur la carrure. On les relève sur une trentaine d’images représentatives de l’existant, on les écrit, et elles deviennent le gabarit des nouvelles vues. L’ordre de production se règle par le chiffre d’affaires: les références qui vendent le plus passent en premier, les archives et les pièces discontinuées en dernier, ce qui évite de remettre à plat toute la bibliothèque avant de servir la boutique.
Zethic Studio prend ces reprises à partir des photographies de référence et des visuels existants de la maison, sans immobiliser les pièces ni organiser de plateau, avec un référentiel écrit remis en début de projet et tenu ensuite sur toute la bibliothèque. Les premières propositions arrivent en 7 à 8 jours après le brief, la reprise complète d’un catalogue se planifie par vagues de références selon leur poids commercial, et le budget se compare généralement entre cinq et dix fois en dessous d’une production photo classique équivalente. Un appel d’audit de 30 minutes suffit pour faire l’inventaire de ce que vous détenez réellement et poser l’ordre des vagues.